05 septembre 2011

Sophie

J'ai rencontré une belle jeune femme trans du nom de Sophie, samedi dernier.

Les prénoms ont toujours été importants pour moi ; la valeur du mot, l'esthétique du langage, dont j'affecte de souhaiter me défaire, immense. La poésie me poursuit

Cette Sophie-là ne s'est pas toujours appelée de la sorte. Je ne sais pas quel fut son prénom de naissance. Est-ce qu'elle a toujours su qu'elle aurait dû s'appeler, ou s'appellerait Sophie un jour? C'est le prénom qu'elle a choisi pour sa véritable identité, sa vraie nature. Et c'est le même que le mien.

Le mien, je l'ai toujours porté... Je n'ai pas eu à me battre, n'importe comment, pour que le premier péquin dans la rue, le moindre de mes amis, l'intégralité de mes connaissances m'appelle "Sophie". Que les gens m'aiment ou me détestent, ils tortillent pas du cul pour chier droit, c'est comme ça qu'ils me nomment ; ainsi, même dans la bouche des connards revient forcément, au moment où ils s'adressent à moi, une beauté, une noblesse, une estime : ils m'appellent Sophie et c'est une évidence. Quelle chance !

Une autre a dû faire tout un parcours - je ne dirais pas douloureux, je n'en sais rien, même si les probabilités sont fortes, pour rester dans le cliché - pour avoir ce droit. Et c'est mon prénom qu'elle a préféré, entre tous.

Je ne sais pas pourquoi / comment elle l'a choisi. Il n'empêche que je ressens une sorte de fierté complètement bête et indue, mais c'est peut-être aussi parce que je l'ai trouvée agréable et douce, et c'est toujours sympathique de rencontrer une homonyme charmante.

Posté par Brenna à 22:01 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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