02 septembre 2011

Pasdragon

Voici ce que j'écrivais à propos de Pasdragon, au mois d'avril 2011 (soit les débuts de notre relation qui s'est terminée 2 mois plus tard) :

J'aurais jamais cru que ce puisse être aussi délicat. Le mot ne vient pas. Quelque chose m'émeut très profondément, de manière à la fois extrêmement personnelle, intime, et universelle. C'est ancien, troublant, sensible. Rien que d'écrire des émotions me viennent que je n'ai jamais ressenties ; elles me font peur, m'excitent, me donnent un vertige, une fragilité sexuelle, mais ce mot-là ne convient pas, il s'agit d'autre chose, en rapport bien évidemment avec la sexualité, mais c'est plus profond, précis, insupportable d'envie. Et puis y'a le mot délice. Il est venu tout seul celui-là. Jamais auparavant. Je sais même pas quoi en penser. Tout va à l'encontre de mes valeurs.

Au début, c'était juste intellectuel ; je me disais, hey, il a pas le même humour que moi ; il porte des chaussures pointues, un parfum à la mode, trop à la mode ; maintenant c'est autre chose qui se surajoute. Oui, j'y avais pensé ; vaguement. Là je ressens. Je suis incapable de savoir ce que je dois penser, et j'aime et déteste (mouais, tu parles) l'excitation que je ressens et qui me dépasse, m'envahit puissamment, sans douleur ni état d'âme ni morale, comme un rapport sexuel – une évidence qui se passe des nécessités habituelles, des contingences, des constructions. Jouir sans culture là où l'empreinte de la culture est la plus forte, la plus indélébile.

 Il y a les femmes qu'on respecte et les autres. Quelque chose dans le genre. C'est très fréquent, comme façon de penser. Tellement fréquent que ça fait pas grand-chose à la plupart des nanas. Moi ça m'ébranle au sens propre : je ressens mes vertiges, palpitations, tête qui tourne cheveux en arrière. Il ne reste alors plus qu'à s'allonger. Ou danser, sans y parvenir vraiment.

 Pas envie de savoir plus. Je crève d'envie de savoir les détails. Là où c'est touchant, sensible, tragique. On a tous les mêmes yeux, foutus de la même façon, y compris dans ces moments-là. J'ai pas envie de savoir parce que j'ai peur d'être déçue ; et il y a de quoi ; je le serais, dans tous les cas. Soit de le savoir tel que je le fantasme ; dans des moments de pure fragilité, sensibilité, dégradation, émotion ; soit de le découvrir autre. À mille lieues du fantasme, donc : sorti de cette image très pure et tellement sale qui me prend à la gorge et « délices », donc.

 Je veux être fragile, toute ma vie. Faible. Penser à rien.

Et puis, pourquoi aller faire faire des régimes aux gens quand on sait naviguer avec les étoiles, bordel de merde ?

Quelques précisions : Pasdragon a abandonné son métier de marin navigateur pour embrasser la moyennement noble profession de diététicien. Le mot qui ne venait pas, et qui vient trop bien  désormais quand je repense à lui, c'est "prostitution". Il y a eu recours assez systématiquement. C'est tellement plus simple qu'un long texte poétique borderline... des JF miséreuses sans nom au fond de ports pourris qui puent la pisse. Il me disait qu'il s'était toujours conduit en gentleman. À la lumière de ce que j'ai finalement vécu avec lui, je crois que je peux nuancer le terme... Sans être une ordure, disons qu'il y a un contraste entre l'image qu'il se fait de lui-même et sa personne véritable.

Il se foutait un peu trop de la gueule des innocents pour être le dernier samaritain dont il se vantait.

Au fond de moi je capte, et je ne m'écoute pas, je me raisonne, et alors je suis naïve et confiante. Je crois bêtement les gens quand ils se vantent d'être bons et très cool. Contre mon intuition.

La vérité, bien au-delà, ou peut-être en-deçà finalement, la sublimation, c'est qu'il était abject, son passé sexuel. Tragique, triste, corrompu. Concrètement, il pouvait pas passer 3 mois sans niquer? Il ne souffrait d'aucune tare physique, il aurait aussi bien pu pécho gratuitement, comme tout le monde, plus tard. La vérité, en ce qui me concerne, puisque mon but n'est pas de rendre des comptes à une pauvre âme perdue qui ne me lit pas, c'est que j'aime les expériences affectives plus que tout, quitte à me mettre en danger énergétiquement, quitte à souffrir.

Je crains l'ennui et l'exotisme est une valeur pleine.

Posté par Brenna à 10:22 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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